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Mon âme est sombre quand j’écris le
passé… Je me souviens pourtant de lui dans la pénombre…
C’était un soir de juillet… Ce rendez vous d’été fixé déjà un peu trop tard N’aura
de volonté que de souiller ma mémoire.
Et
jusque là personne ne comprenait mes maux. Il
m’a fallu du temps pour repérer les lieux… Alors
que je trouvais l’endroit sordide
et vieux La
porte que je poussais était belle à mes yeux J’en
retenais le style malgré mon cœur anxieux ! L’escalier était haut et
j’étais impatiente Je respirais fort, mon âme
était brûlante.. Je tenais à la main un joli
parchemin Qui expliquait fort bien les soucis de ma
main Adressé en termes érudits et
de toute évidence A un confrère choisi à qui
j’offrais ma confiance. A cette heure tardive personne ne m’accueillait
A mon grand soulagement je
n’étais pas seule Et rejoignais avec élan l’unique fauteuil. Profitant de l’instant pour reposer mon cœur J’eus le temps d’y poser un air
inquisiteur. Les murs étaient salis, tapis de
noms de maladies Que mes yeux refusaient de s’attarder
pour lire J’étais assise tout
près d’un malade étourdi Qui à ma grande surprise se mit
soudain à rire Nul doute que sa tête étrange dénotait
qu’il souffrait Pareil à l’autre près
de la fenêtre qui se mit à crier Accrochée à mon fauteuil de
style andalou Je préférais quitter celle salle d’attente de
fous Puis je me ravisais car je venais d’admettre Qu’il me fallait accepter le mal dont je souffrais J’apercevais enfin la couleur de sa
blouse Il n’était pas vilain au point
que je le pousse Ses cheveux gras et collés, son
pantalon rayé S’harmonisaient fort bien à la couleur des dossiers
Assise devant lui il paraissait inquiet Il fronça les sourcils, me fit
marcher un peu Et parut mal habile pour me faire un aveu Il perdait le contrôle des mots
qu’il prononçait Tant il était troublé de ce qu’il
m’annonçait Et tout en me priant de lui
réapparaître M’invitant à refaire quelque autre marionnette J’ai tenté de partir, de fuir, de disparaître Mais pour me retenir il m’a longtemps
priée Et soudain son sourire
s’était
humanisé Sous ses lunettes acier en forme de
demi-lune Ses yeux qui me fuyaient en étaient
ridicules Nul doute qu’il avait deviné
le mal dont je souffrais Que tout le monde savait mais que seule
j’ ignorais De toute évidence il allait me tuer ! Le moment était grave pourtant je
souriais Il n’avait rien d’un brave
lorsqu’il m’ a regardée Etait-ce une délivrance ou une cage
rouillée
Il me raccompagna à peine jusque
dans l’entrée Il était soulagé de
s’être prononcé Et moi je repartais les neurones
embrouillés Portant sur mes épaules mon avenir entaché. Jami (relire son premier texte sur ce
site : Coup de gueule) |
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