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La formation nécessaire aux
personnes intervenant auprès de personnes âgées, et/ou
handicapées, est une formation à
« la rencontre ». Cette rencontre est à trois nivaux autour de la
personne âgée : l’aidant, la relation, les moyens ! ». (Elle est
proposée sous forme de sessions sou d’ interventions ponctuelles). |
« Etre en relation ! »
« L’aidant »
professionnel ou bénévole, que ce soit à domicile ou en institution, a besoin d’interroger
sa pratique, ses émotions, pour lui permettre, sans jugement ni culpabilité, de
dire ce qu’il vit et de pouvoir envisager sereinement son travail
« d’aide » auprès de la personne âgée. L’ aidant n’est pas qu’une
fonction, et la personne âgée n’est pas seulement un horaire à respecter.
Dans
sa proximité avec les personnes âgées, l’aidant a besoin d’être capable de se
situer en tant que « personne » intervenant au niveau de la
« pratique »…Il a besoin de se connaître dans sa manière de se
présenter, de travailler, de faire équipe.
Ces
« Aidants», sont des hommes et des femmes qui souhaitent travailler auprès de personnes
âgées à domicile ou en institution. Certains viennent à une formation, après
l’expérience d’accompagnement d’un grands-parents, d’une ou d’un voisin âgé, ou
d’un proche (parent ou collatéral) âgé ; d’autres travaillent déjà (avec
une situation précaire), dans des institutions comme les Maisons de Retraite ou
hôpitaux (en service long-séjour ou moyen-séjour), foyer hébergement, résidence
…. sans forcément avoir choisi ce travail pour ce qu’il représente, mais bien
souvent, seulement comme une opportunité de gagner sa vie. Ce sont des
personnes de tous âges (19 à 56 ans) de tous niveaux (analphabètes, niveau
primaire, immigrées, chômeur de plus ou moins longue durée ayant un bagage
intellectuel, ou pas…) d’expériences et de motivations très variées.
Ces hommes, ces femmes, pour la majorité souhaitent
une formation. Venant d’abord en
« consommateurs », attendant des « cours » où l’un parle et
les autres écoutent, petit à petit, au cours de la formation, ils deviennent de
plus en plus participantes et acteurs de leur formation. Ce temps, à mon avis,
est un temps où nous apportons, la formatrice et eux, mutuellement, notre
expérience. Je peux leur apporter des connaissances théoriques, des réflexions,
des points de repères, une expérience de relation ….. mais ils apportent leur
expérience sur le terrain, aussi minime soit-elle. c’est une expérience de vie
irremplaçable !
Elle
prend tout son sens grâce à la « personne âgée » qui est au centre.
Cette formation a un seul but : donner aux deux personnes qui se
rencontrent « la personne âgée et l’aidant » les moyens pour que la
relation vécue soit source de bien-être pour l’un et pour l’autre.
C’est
pourquoi il me semble primordial de commencer par aider « l’aidant» à se
poser la question, et me la poser avec eux : comment je « vois »
mon propre vieillissement, comment j’appréhende la perte d’autonomie
progressive ? vieillir pour moi c’est quoi ? cela veut dire
quoi ?Je ne peux regarder en vérité le vieillissement de la personne âgée
dont je dois m’occuper, et en particulier sa perte d’autonomie, si je ne suis
pas au clair moi-même avec cette possible étape de ma vie.
Le
travail de l’Auxiliaire de Gériatrie (comme « aide à domicile» ou
« agent de service hospitalier… » ou encore comme « auxiliaire
de vie », « assistante de vie » ) est lié aux désirs, aux
besoins des personnes âgées. Il leur est nécessaire de se connaître dans leur
façon « d’être » à travers l’organisation de leur travail, leurs
techniques. Il est aussi bon de les aider à « ajuster » leur
savoir-faire aux souhaits et désirs de la personne âgée en l’intégrant à un
travail d’équipe. MAIS c’est la personne âgée qui reste « première »
dans le temps d’activité de l’auxiliaire de gériatrie.
Il est
essentiel pour moi que la formation vienne préciser combien la
« relation » avec la Personne âgée passe (et dépasse) par la parole,
le toucher, le service, l’aide, la technique. La relation qui attend l’aidant,
c’est la relation entre « deux personnes ». Ce sont deux personnes en
présence, par leur corps, leur cœur, leur intelligence, leur esprit, leur
expérience…Cette relation va s’exprimer dans un va et vient de l’une à l’autre,
de manières différentes : par la parole, bien sûr, par le regard, le
toucher, la voix ; et quand les mots ne « disent » plus,
l’écoute, l’attention aux gestes, le souffle, les mains…..parfois l’agressivité,
les pleurs…..Ce langage non-verbal que notre société oublie, c’est la
communication d’une vie intérieure à une autre, c’est le cœur à cœur, le corps
à corps !
Comme
je le dis au début de ce texte, l’aidant a besoin d’exprimer ce qu’il vit pour
éviter de s’enfermer dans une relation difficile conflictuelle ou violente. Le
rôle d’écoute, de proximité, d’attention est l’attitude qui soutient tout son
travail. Sa présence dans le quotidien, lui permet d’entendre les confidences
qui disent à demi-mot, ce qui se passe, la souffrance, la peur,
l’angoisse…Cette présence peut être l’ occasion, pour l’aide à domicile, de
sensibiliser, ouvrir les yeux, à des aidants naturels (famille ou autres) dont
les manières de faire avec la personne âgée s’orientent vers de la
maltraitance. Cependant, il est important que « l’aidant » ne se
substitue pas à la famille ou aux aidants naturels, qui mettent en œuvre tant
de ressources, de tendresse, de patience, dans leur présence auprès de la personne
âgée dépendante. Dans ce rôle de proximité, l’aidant doit être attentif à ne
pas s’attribuer un pouvoir sur la personne âgée qu’il rencontre, en se croyant
plus digne que la famille ou les amis de la personne, mais il a une place
irremplaçable de soutien et d’accompagnement des aidants proches.
Cette
formation est importante à mes yeux pour que l’aidant ne considère pas la
personne âgée comme un « objet » dont on prend soin, plus ou moins
précieux, mais comme un « être » qui a des besoins propres, des
souhaits, des désirs, un passé, une expérience…. Et tout cela est unique.
Si ce
n’est pas la « personne » (personne âgée et aidant) qui est au centre
de ce que nous faisons, vivons et engageons, si ce n’est pas
« l’être » de cette personne qui est premier, alors, je passe à
côté !. Ceci est vrai dans tous les domaines des rapports humains :
sociaux, politiques, médicaux, religieux, familiaux etc….
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A consulter :
Voici une présentation au format Power Point très
intéressante sur : « La personne de confiance en gériatrie »
Communication effectuée au Cours Intensif de
Médecine Gériatrique le Mardi 8 novembre 2005 à Toulouse
(Faculté de Médecine de Rangueil) par le Docteur
Bernard Pradines :
« La personne de confiance en
gériatrie » : http://www.geocities.com/bpradines/CIMGPdC2005.ppt
Si nécessaire le téléchargement gratuit de la
visionneuse à l’adresse :
Site du Docteur Bernard Pradines : http://users.aol.com/Dgeriatrie/
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Le ruban
gris, logo crée par Jean Pierre Martin, médecin gériatre.