CONTE DE NOËL

 

Je me moquais d’ELLE

Elle se tenait courbée

Nous faisait des grimaces

Lorsque l’on passait

 

Ses pieds étaient rentrés

Sa tenue sans grâce....

Pour être si abîmée

Qu’avait elle donc fait ?

 

J’attendais son passage

Comme tous les enfants

Riais de son image

Quand elle  marchait devant

 

Je tentais de deviner

Si elle savait parler

Puisqu’elle me regardait

Avec  son    air figé

 

Aucun son ne sortait de sa bouche

Dont les doigts recroquevillés

Semblaient être louches

Tant  elle était crispée

 

Je regardais  parfois ses pas

Sans chercher à savoir

Elle titubait devant moi

Nul doute elle devait boire !

 

Pourtant  certains matins

Elle tentait de nous tromper…

Qu’ était-ce cette  comédie

Qu’elle jouait à tous prix

Ce visage soudain

Redevenu humain

Pourquoi juste aujourd’hui

Pas hier ou demain ?

 

 

Un jour je la suivis

Jusque dans un couloir

Grand bien m’avait pris

de la voir se cacher

Elle avait préféré

S’accroupir dans le noir

Pour sortir son mouchoir

Et se mettre à pleurer

 

 

Elle avait donc une âme

Pour avoir du chagrin

J’oubliais qu’elle était femme

autrefois pauvre Gamin !

 

Non sans difficultés

Elle sortit un boîtier

Contenant je ne sais

Quelque drogue ou cachets

 

 

J’ai voulu l’approcher,

Pour regarder ses yeux

Ils étaient malheureux

Voilà ce qu’ils disaient :

 

« ma vie est un combat

que je mène sans arme

mais  j’avance pas à pas

avec l’ espoir dans l’âme

 

si je souffre aujourd’hui plus hier

et bien moins que demain

c’est par ce que mes prières

ne les ont  pas atteints !

 

 

 Sa maladie n'intéressait personne

Je m’en souviens pourtant

j'y pense maintenant

elle s'appelait ParKinson....

 

Je l’aidais à se relever

Et la vis soudain redevenir  belle

Dehors le ciel était illuminé

Ce soir c’était Noël

 

Je rajoutais un soulier

Au pied de ma cheminée

C’était peu de chose au fond

que d'échanger un jouet contre  une guérison !

 

je t'aime Jami