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VECU PAR YVES GINESTE DANS UN LIEU QUI ACCUEILLAIT
UNE FORMATION A LA METHO ! |
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Ce texte (réponse[1])
fait suite à la demande d’un soignant en maison de retraite qui souhaite mieux
connaître la vie des personnes âgées pour mieux répondre à leur besoin. Les
acteurs de ce dialogue, discutent sur l’opportunité d’un « dossier de
vie » dans lequel seraient consignés certains évènements, intérêts, etc…
de la personne âgée. Yves répond pour préciser le rôle de chaque acteur du
« soin » (…)Je voudrais vous raconter juste une petite
anecdote, au sujet d'une patiente dont je me suis occupé avec mes stagiaires.
Madame Dd, 90 ans, vit dans le long séjour depuis 6 mois. Elle vivait seule chez
elle lorsqu'elle a été agressée par un voyou, qui pour quelques francs, l'a
sauvagement battue, lui cassant entre autre une épaule, et la laissant sur le
carreau, dans un état de détresse et d'angoisse psychologique épouvantable. Le mardi soir, je suis allé la voir, pour préparer
ma visite du lendemain, où je dois faire sa toilette avec mes stagiaires. Je
trouve une dame paniquée, qui pleure en permanence, me dit souffrir
terriblement de son" coté du fou", c'est ainsi qu'elle appelle son
coté gauche martyrisé. Les stagiaires sont bouleversés par cette dame, qui
panique en permanence, qui dit qu'il va revenir, le fou, la battre etc.. Elle ne marche plus du tout, est levée au lève
personne, refuse la douche, vit tout simplement dans la terreur. Le lendemain,
je lui fais la toilette au lit, comme font les soignants, mais en appliquant
nos méthodes de toucher tendresse. Je déconne, je ris, je l'embrasse, je la
serre dans les bras, je la "drague", la complimente sur ses beaux
yeux bleu etc. Je la mets debout, et lui fait faire une quinzaine de mètres
en marchant Elle m'embrasse. ! Le lendemain, nous la douchons debout. Elle que
personne n'a pu doucher en 6 mois, réclame un shampooing. Elle nous dit que
c'est tristounet, ici, que l'on devrait mettre de la musique. Et rentre à
pied de la salle de bain à sa chambre. Elle rit, plaisante. Je prends rendez-vous avec la psychologue de ce
service. Quand je lui dis que je veux parler avec elle de madame Dd, elle
m'en dresse un tableau apocalyptique, et reste stupéfaite quand la
surveillante lui annonce que cette dame marche, rit, etc.. Elle ne comprend
pas.. (…) Moi, je sais qu'il s'agit simplement de rencontre.
Et j'ai pu faire ce travail parce que j'étais avec des "soignants de
base", ceux qui ont encore des larmes dans les yeux devant la souffrance
qu'avait cette dame, ceux qui touchent son caca, son pipi, mais qui ont su la
prendre dans les bras, près du cœur, bien collé, pour lui dire non-pas avec
des mots, mais avec la peau, que cette dame existait autrement que dans la
douleur, la peur, mais dans le désir des soignants de la voir heureuse. Je ne suis pas soignant, il parait, mais (….)
c'est simplement, (…) je crois qu'il faut apprendre à voir, à croire dans les
valeurs des autres, et vous y découvrirez des trésors. Il faut que la
formation soit un tremplin, pas un enfermement, et surtout pas un enfermement
corporatiste. La base du travail soignant est la connaissance du
patient, et cela, depuis toujours, les soignants font cela depuis des
décennies, certains maladroitement, d'autres avec une habileté, avec une
sensibilité qui me laisse pantois. Que les psychologues viennent s'intégrer
dans ce travail, apporter leur savoir, et profiter de celui des soignants, de
leur expérience, oui, c'est super, c'est même indispensable.(…) (Texte d’après la réponse d’Yves
Gineste)
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