POEME DE J. ELKINE
 

 

 

 


   

 Pour la belle histoire de cette charmante dame et collègue, je me permets de dédier ce petit poème, commis par moi il y a quelques années à l'intention de nos pensionnaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOIR D'ETE ! 


Il reste encore bien peu de ce bouquet de roses

Que vous offrit naguère un de vos soupirants

Rien que le souvenir et le parfum... Morose

Vous revivez ce soir, en souvenir, les grands

 

Moments de grâce qui vous furent donnés

En supplément des fleurs et qui seuls demeurent vifs.

Mais c'est le peu qui reste, même après tant d'années.

Quelques instants de paix et un bonheur furtif.

 

À dire vrai c'est peu, mais le meilleur au fond !

Tout le reste est parti : les roses aux ordures

Le fleuriste en fumée ou plutôt au Japon

Après avoir porté des instants de joie pure

 

C'est du moins sur papier dit de ce pays-là

Qu'un jour il écrivit pour demander pardon

Et que sans vous laisser y mettre le holà

Il apparu soudain conquérant au balcon

 

Comment avez-vous fait en ce soir de septembre

Pour lui dire "va-t'en" en lui ouvrant vos bras ?

Pour laisser en un flot votre chevelure d'ambre

Parsemer son visage et tout autant vos draps

 

La vie est ainsi faite et les bouquets se fanent

Mais les instants heureux qui parfois accompagnent

Ces petits riens d'un jour vous restent dans le crâne

Ou plutôt dans le cœur sans battre la campagne

 

Car ils se sont gravés plus profond que beaucoup

D'autres événements qu'on crut inoubliables

Et ce soir, celui d'un bouquet à quatre sous

Vous a fait oublié que vous étiez à table !

 

Hâtez-vous de finir : personne n'en saura rien…

Plus tard, quand les lumières de la nuit vous prendront

En otage, vous pourrez à loisir retrouver votre bien

Si précieux. Les roses fanées vous le rendront.

 

Le P'tit Pouèt' (de Jacques ELKINE)